Ruanda: des vies suspendues à la recherche de solutions durables pou les réfugiés congolais
Kigali, 10 avril 2012 – Dix-sept ans durant, les Congolais réfugiés au Ruanda n'ont eu pas d'autre choix que de vivre dans trois camps aussi immenses que surpeuplés. Sur les 55.000 réfugiés concernés, nombreux sont ceux qui n'ont rien connu d'autre. Pour certains, l'idée d'un monde extérieur au camp relève de la science fiction.
La grande majorité a fui la République Démocratique du Congo (RDC) au moment où le pays s'est désintégré, suite au génocide qui a frappé le Ruanda en 1994. Nombreux sont ceux qui partagent le même désir de rentrer chez eux dans les vallées du Nord et du Sud Kivu, tout en étant pleinement conscients que le conflit qui fait rage autour de leurs anciens villages rend tout retour impossible.
En attendant, ils se retrouvent quasiment prisonniers, enfermés et suspendus dans un état intermédiaire éternel et dans la quasi incapacité de construire un avenir.
Le JRS travaille dans deux camps du Ruanda depuis 1996 – Kiziba à l'est et Gihembe au nord – où il propose divers services éducatifs en maternelle, primaire et secondaire. Le JRS propose également une aide aux personnes en grande vulnérabilité: personnes âgées, personnes handicapées, orphelins, veuves et parents célibataires.
Si vous parlez au personnel du JRS travaillant dans les deux camps, chaque matin ils vous diront combien ils sont engagés à restaurer chez les réfugiés la dignité, la confiance en eux-mêmes et l'espoir en l'avenir.
Les possibilités sont peu nombreuses. Quel avenir leur est possible? Officiellement, il y a trois solutions durables: le rapatriement volontaire dans leur pays d'origine, l'intégration dans le pays d'accueil avec l'octroi de la nationalité ruandaise, et la réinstallation dans un pays tiers.
Bien que de nombreux réfugiés souhaitent rentrer chez eux, un pays riche en ressources naturelles où ils pourraient à peu près gagner leur vie, ils savent que ce ne sera pas pour demain. A l'est du Congo, en particulier au Nord et au Sud Kivu, la présence de nombreux groupes armés rebelles engendre l'insécurité et l'instabilité. Les réfugiés le savent et ils sont résignés à attendre des temps meilleurs.
La possibilité de s'intégrer à la société ruandaise est encore plus mince, et elle n'est pas prête à devenir une réalité concrète. Ce petit pays enclavé est l'un des plus peuplé du monde, et il est quasiment impossible pour les réfugiés de trouver du travail ou un lopin de terre agricole.
Dans la pratique, aucun des réfugiés de Kiziba ou de Gihembe ne vous dira qu'au fond de lui il caresse l'espoir d'obtenir la citoyenneté ruandaise. Tous sont conscients que les difficultés sont plus importantes que les avantages.
La réinstallation dans un pays tiers, comme le Canada ou les Etats-Unis, représente un rêve inatteignable pour de nombreux réfugiés qui ont abandonné tout espoir de rentrer chez eux et préfèreraient vivre dans un pays industrialisé.
En 2011, le quota de réinstallation au Ruanda a été de 1.100. Cette année, le HCR espère que ce nombre doublera. Même si cette solution semble attractive et efficace, elle n'est offerte qu'à quelques rares privilégiés.
En attendant, ils continuent à vivre dans les camps, dépendant des agences humanitaires, avec peu d'espoir de trouver un emploi dans l'économie formelle, et ce jusqu'à ce qu'un jour, quelqu'un décide de les sortir de l'état intermédiaire dans lequel ils se trouvent.
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| Après dix-sept ans de vie dans les camps, les Congolais réfugiés au Ruanda espèrent des solutions durables. (Peter Balleis SJ /JRS) |
| Ce petit pays enclavé est l'un des plus peuplé du monde, et il est quasiment impossible pour les réfugiés de trouver du travail ou un lopin de terre agricole. |
La grande majorité a fui la République Démocratique du Congo (RDC) au moment où le pays s'est désintégré, suite au génocide qui a frappé le Ruanda en 1994. Nombreux sont ceux qui partagent le même désir de rentrer chez eux dans les vallées du Nord et du Sud Kivu, tout en étant pleinement conscients que le conflit qui fait rage autour de leurs anciens villages rend tout retour impossible.
En attendant, ils se retrouvent quasiment prisonniers, enfermés et suspendus dans un état intermédiaire éternel et dans la quasi incapacité de construire un avenir.
Le JRS travaille dans deux camps du Ruanda depuis 1996 – Kiziba à l'est et Gihembe au nord – où il propose divers services éducatifs en maternelle, primaire et secondaire. Le JRS propose également une aide aux personnes en grande vulnérabilité: personnes âgées, personnes handicapées, orphelins, veuves et parents célibataires.
Si vous parlez au personnel du JRS travaillant dans les deux camps, chaque matin ils vous diront combien ils sont engagés à restaurer chez les réfugiés la dignité, la confiance en eux-mêmes et l'espoir en l'avenir.
Les possibilités sont peu nombreuses. Quel avenir leur est possible? Officiellement, il y a trois solutions durables: le rapatriement volontaire dans leur pays d'origine, l'intégration dans le pays d'accueil avec l'octroi de la nationalité ruandaise, et la réinstallation dans un pays tiers.
Bien que de nombreux réfugiés souhaitent rentrer chez eux, un pays riche en ressources naturelles où ils pourraient à peu près gagner leur vie, ils savent que ce ne sera pas pour demain. A l'est du Congo, en particulier au Nord et au Sud Kivu, la présence de nombreux groupes armés rebelles engendre l'insécurité et l'instabilité. Les réfugiés le savent et ils sont résignés à attendre des temps meilleurs.
La possibilité de s'intégrer à la société ruandaise est encore plus mince, et elle n'est pas prête à devenir une réalité concrète. Ce petit pays enclavé est l'un des plus peuplé du monde, et il est quasiment impossible pour les réfugiés de trouver du travail ou un lopin de terre agricole.
Dans la pratique, aucun des réfugiés de Kiziba ou de Gihembe ne vous dira qu'au fond de lui il caresse l'espoir d'obtenir la citoyenneté ruandaise. Tous sont conscients que les difficultés sont plus importantes que les avantages.
La réinstallation dans un pays tiers, comme le Canada ou les Etats-Unis, représente un rêve inatteignable pour de nombreux réfugiés qui ont abandonné tout espoir de rentrer chez eux et préfèreraient vivre dans un pays industrialisé.
En 2011, le quota de réinstallation au Ruanda a été de 1.100. Cette année, le HCR espère que ce nombre doublera. Même si cette solution semble attractive et efficace, elle n'est offerte qu'à quelques rares privilégiés.
En attendant, ils continuent à vivre dans les camps, dépendant des agences humanitaires, avec peu d'espoir de trouver un emploi dans l'économie formelle, et ce jusqu'à ce qu'un jour, quelqu'un décide de les sortir de l'état intermédiaire dans lequel ils se trouvent.
Danilo Giannese, Responsable de la Communication et de l'Advocacy, JRS Grands Lacs




