Nous connaissions Haïti dans la peine et dans la joie - en tant que pays où, à la campagne, beaucoup d’enfants de moins de douze ans n’ont pas de vêtements à se mettre, pays où les gens se rassemblent spontanément en communauté pendant les fréquentes pannes d’électricité, et chantent, jouent à domino, et passent la nuit ensemble. Haïti est aussi un pays qui a une riche tradition artistique et politique, habitée par un peuple profondément croyant, qui continue à espérer en une vie meilleure malgré les dévastations et l’adversité.
Le JRS-Haïti a accompagné les habitants de Ouanaminthe, ville de 100.000 habitants à travers une série de défis en offrant des services scolaires pour les enfants, en aidant à organiser des coopératives agricoles durables, en soutenant des projets de creusements de puits et en s’engageant dans un suivi des droits humains. A travers ces efforts, le JRS s’est efforcé de créer en Haïti un environnement qui offre aux Haïtiens appauvris une alternative à la migration en leur permettant de mener une vie digne et sûre dans leur propre pays.
En plus de son œuvre dans Haïti même, le JRS a servi les besoins des réfugiés haïtiens, migrants forcés et apatrides dans la voisine République Dominicaine pendant plus de quinze ans, élargissant l’œuvre accomplie avec les migrants et les réfugiés par les Jésuites de la République Dominicaine et d’Haïti au cours des 70 dernières années.
Maintenant, le tremblement de terre a déclenché un changement radical dans la focalisation de l’œuvre du JRS. Tout en continuant ses programmes en cours, le JRS-Haïti se concentre sur de nouveaux efforts de secours à Port-au-Prince, en oeuvrant dans sept camps qui répondent aux besoins de plus de 23.000 personnes déplacées.
Le JRS et les Jésuites d’Haïti
Les supermarchés, les banques, les commerces, les stations de radio et de télévision, les hôpitaux, tout a croulé. L’Hôpital Général, la structure médicale la plus grande de la ville, a croulé avec de nombreux patients à l’intérieur et tandis que beaucoup de blessés y étaient amenés » a raconté le père Perard Monestime, directeur du JRS-Ouanaminthe, le 13 janvier 2010.
« Nos symboles nationaux ont tous disparus, détruits par le tremblement de terre. Nous avons perdu une partie de notre Histoire et courons le danger de perdre notre sentiment national, » a dit le père Wismith Lazard SJ, directeur de JRS-Haïti.
La totalité des trois millions d’habitants de Port-au-Prince ont été directement affectés par le tremblement de terre de magnitude 7,2 . Un quart des dirigeants gouvernementaux sont morts en quelques minutes, les services et les communications ont été perturbés et rapidement inondés par l’exode de quelque 600.000 survivants affolés, quittant la capitale pour la campagne ; tout le reste du pays en a souffert également. Quatre mois après la catastrophe, 1,3 million de survivants sont encore déplacés, la plupart encore sans abri adéquat, sans emploi ni autres nécessités vitales.
Les donations pour Haïti ont été utilisées à la fois pour répondre aux besoins urgents immédiats dans les camps et commencer à affronter les besoins à plus long terme, par exemple démarrer des écoles dans les camps de personnes déplacées et planifier la construction de 17 nouvelles écoles à la campagne.
Au total, le JRS et ses partenaires jésuites ont offert aux Haïtiens une large gamme d’assistance d’urgence immédiatement après le désastreux tremblement de terre, notamment du secours alimentaire d’urgence à plus de 50.000 personnes dans divers secteurs de la ville de Port-au-Prince, des traitements médicaux à plus de 4.500 personnes blessées par le tremblement de terre, et des services de gestion des camps et de soutien psychosocial à plus de 23.000 personnes vivant dans sept camps disséminés dans la capitale.
En partenariat avec le système scolaire jésuite Fe y Alegria et des ingénieurs bénévoles de l’Ecole humanitaire d’architecture de l’Université de Detroit (USA), le JRS a aussi évalué l’intégrité structurelle de 400 écoles dans la zone frappée au cours du mois qui a suivi le tremblement de terre.
« Ce n’est qu’en procurant la scolarité universelle, à tous les enfants d’Haïti, et à travers une campagne d’alphabétisation massive pour les adultes, que nous pouvons assurer qu’Haïti aura les outils dont le pays a besoin pour reconstruire solidement » a dit le père Wismith Lazard SJ.
L’œuvre du JRS dans les camps
L’échelle du désastre est telle que malgré les efforts d’une pléthore d’organisations, un grand nombre de besoins vitaux doivent encore être couverts. Le JRS plaide avec urgence pour que ces besoins soient portés à l’attention du gouvernement et d’autres institutions ayant le pouvoir d’y répondre. Entre-temps, le JRS travaille avec les déplacés dans les camps, pour faire tout ce qui est possible pour alléger la souffrance humaine à travers l’accompagnement, des interventions psychosociales et en mettant les comités de direction des camps en contact avec les corps de fourniture organisés des Nations Unies et des Etats-Unis pour répondre aux besoins croissants.
Le JRS gère officiellement trois camps : Henfrasa, Palais de l’Art, Parc Colofer. Dans ces camps nous avons une approche de gestion participative pour que toutes les voix puissent se faire entendre et que les résidents des camps les plus vulnérables reçoivent les soins qu’ils demandent. Comme dans les autres camps où opère le JRS, le JRS insiste pour que les femmes soient inclues dans le comité des résidents qui représente les habitants du camp.
« Est-ce ceci un endroit pour vivre pour des êtres humains ? (…) Souvent, nous n’avons rien ou très peu à manger t
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