Les institutions jésuites montent des partenariats pour aides les réfugiés à se prendre en charge
Rome, le 27 septembre 2010 – Depuis sa création, le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) tente d'offrir une éducation de qualité aux réfugiés et aux personnes déplacées. Forcés de fuir leurs maisons et souvent aussi leurs familles, l'éducation fait partie des rares choses que les réfugiés emporteront avec eux là où la vie les mènera. Pour le JRS et pour de nombreux réfugiés, l'éducation symbolise un avenir meilleur.
Après avoir été considéré comme transitoire, la population réfugiée semble stagner. De récentes statistiques du JRS suggèrent que depuis 2009 la moyenne du séjour dans un camp de réfugiés est de 18ans. Ce qui représente le temps d'une génération avant de trouver une solution durable pour les réfugiés – intégration locale, rapatriement ou réinstallation dans un pays tiers. En attendant, une autre génération sera née et éduquée en exil.
Dans le passé, on pensait que l'éducation primaire suffisait. On a récemment pris conscience qu'il fallait désormais envisager l'éducation secondaire. Cependant, même si la plupart des réfugiés reconnaissent qu'il est important, pour aider les communautés, que des réfugiés aient une formation, peu de réfugiés ont accès à l'enseignement supérieur.
D'autre part, la plupart des experts sont d'accord pour reconnaître que pour que les communautés réfugiées se prennent en main, il leur faudra leurs propres enseignants, leurs propres travailleurs sociaux, leurs propres infirmiers, psychologues et businessmen. Faute de quoi ils demeureront dans la dépendance par rapport aux donateurs, aux ONG et aux agences gouvernementales internationales.
L'enseignement supérieur aux marges
La dernière initiative jésuite, « Higher Education at the Margins » veut offrir aux réfugiés l'occasion d'élargir leurs horizons et d'aider leurs communautés. Le programme –un partenariat entre le JRS et les Jesuit Commons – combine le meilleur des nouvelles technologies avec la vieille philosophie jésuite basée sur la pédagogie ignacienne qui met l'accent sur l'expérience, les nouveaux apprentissages, la réflexion, l'évaluation, l'action et le service.
Sur le terrain, cela signifie que l'éducation dans les institutions jésuites n'est pas un processus à sens unique. En échange d'une éducation de qualité, les réfugiés devront s'engager dans des activités bénévoles au sein de programmes soutenus par les organisations. Là où les universités offriront gratuitement leur propriété intellectuelle, les professeurs de faculté devront, outre l'enseignement des nouveaux étudiants, apprendre des réfugiés et d'autres individus vivant dans des communautés marginalisées, et les enseigner.
A partir de l'expertise des universités jésuites et du personnel de terrain du JRS, les organisations prévoient d'utiliser à la fois Internet et des enseignants locaux, des mentors et des tuteurs, pour proposer des certificats accrédités et des cours diplômants aux réfugiés des camps de Kakuma (Kenya) et de Dzaleka (Malawi), et des régions urbaines de Syrie, ainsi que des certificats de compétence, connus sous le nom de CSLT (Community Service Learning Track). Un millier de réfugiés devraient participer à la phase pilote du programme qui doit se terminer en août 2014.
La phase d'admission pour les cours accrédités est rigoureuse. Les étudiants doivent témoigner de leurs capacités académiques – en écrivant un essai dans un environnement surveillé -, leurs connaissances de la langue anglaise, et de leur volonté de servir leurs communautés. Outre les épreuves écrites, les candidats devront passer des interviews orales.
Au cours de la première année, 70 étudiants seront admis au Diplôme d'Etudes Libérales Appliquées, et ils étudieront des sujets tels que l'anthropologie, l'économie, la gestion des conflits, la pensée critique, la communication interculturelle, le leadership, la philosophie. Un second groupe commencera en septembre 2011.
A la fin de l'année, les étudiants recevront un Certificat de fin d'études de l'Université Régis de Denver (Etats-Unis), et au terme de trois ans d'études un diplôme.
A partir de janvier prochain, la majorité des étudiants commenceront des cours de CSLT ans des domaines tels que l'accompagnement, l'éducation spécialisée, l'Anglais comme seconde langue (ESL), l'alphabétisation, les soins des mères et des enfants. D'autres cours s'y ajouteront à partir des besoins des participants et des compétences des enseignants.
Dans certains cas, les cours de CSLT serviront de tremplins pour d'autres études. De nombreux étudiants suivront des cours d'Anglais en préalable à l'inscription en vue d'un diplôme ou d'autres certificats d'apprentissage. Dans d'autres cas, il s'agira de fournir aux réfugiés les compétences dont ils ont un besoin urgent pour aider leurs communautés.
Jusqu'à 15 étudiants – sélectionnés sur la base des capacités académiques et l'engagement en faveur d'un travail communautaire – participeront à chaque cours du CSTL qui comprendront six mois d'études et des stages pratiques dans des communautés. Par exemple, les étudiants qui étudient l'éducation spécialisée devront aider des enfants en difficultés, des adultes et leurs familles, vivant dans la communauté. Les aspects théoriques et pratiques du cours de renforceront mutuellement.
Défis et espoirs
Toutefois, la fourniture de l'éducation en pareilles circonstances n'est jamais sans obstacles, que ce soit au niveau des réfugiés et des organisations de service. Dans le cas présent, il y a des obstacles environnementaux – poussière, chaleur et vents d'orage -, géographiques, sociaux et économiques.
Le principal défi concerne la mise en place de sources sures d'approvisionnement électrique et l'accès de qualité au réseau Internet. Il faut également prévoir l'apport de matériel et d'équipement IT, et la construction de bâtiments appropriés aux études des étudiants.
Mais c'est en regardant le contraste qui existe entre les campus pour les réfugiés et les campus pour les étudiants que l'on peut prendre conscience que ces déf
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