Un camp de Port-au-Prince où le JRS est présent, photographié en février 2011. En janvier 2012, plus de deux ans après le tremblement de terre de magnitude 7 qui a frappé Haïti, environ 515.000 haïtiens vivaient dans 707 camps disséminés dans Port-au-Prince. (JRS International)

Port-au-Prince, 4 juin 2012 - En Haïti, un dicton dit qu'une maison sans femme est comme un corps sans âme. Je crois que c'est vrai. Notre projet, destiné aux femmes, a révélé leur désir grandissant de se débrouiller seules et de changer non seulement leur propre situation, mais également celle d’Haïti, en donnant à leur pays un visage plus humain et plus juste.

Ce qui m’a frappé en premier chez les femmes dans ces camps, c'est leur souffrance et leur isolement. Mais il y a aussi un sens d'endurance et d'espoir. Pierre Caroline me vient à l'esprit ; elle a réussi à surmonter sa difficulté à communiquer et maintenant participe activement à nos discussions, partage ses opinions et des critiques constructives. À tel point qu’elle a été choisie par les femmes dans les camps pour présenter une requête au Ministre de la Condition Féminine et des Droits des Femmes.

Nous travaillons dur pour créer une « économie solidaire », afin que les femmes puissent devenir les actrices de leur développement. En Haïti, vous devez payer pour tout. Sans emploi, il n'y a aucun moyen de survivre – aucun soins de santé, aucune éducation, rien. De bonnes conditions économiques sont cruciales : sans cela, les femmes haïtiennes deviennent de plus en plus vulnérables.

Des groupes de femmes ont été formés dans quatre camps. Les femmes se sont engagées à une petite contribution hebdomadaire, qui servira de garantie à leurs prêts. Certaines ont commencé des commerces de rue, de la vente de fruits ou de légumes, de pots et d'autres choses. Un jour, alors que nous marchions dans les rues de Port-au-Prince, j'ai entendu une femme m'appeler : « Sœur Socorro, venez voir le commerce que j'ai mis en place avec le prêt ! » Et Sainte Luis Marie Nicole m'a fièrement montré son bisniz, comme on les appelle ici.

Cette expérience nous servira de modèle dans les trois autres camps. Nous offrons également des formations en droits de la femme, en leadership, sur l'égalité des sexes et la résolution des conflits. Puisque je suis infirmière, je donne aussi une formation de santé communautaire. De tous les ateliers que j'ai animés, celui qui a eu la plus grande incidence portait sur les maladies causées par le manque de logement convenable. Cela a engendré une volonté d’avoir leur propre chez-soi, où elles pourraient vivre dans la dignité, abandonnant leurs tentes. Ma motivation et mon espoir sont que cela devienne une réalité.

Sœur Rosa María del Socorro López, coordinatrice d'un projet du JRS destiné aux femmes dans sept camps pour survivants du tremblement de terre à Port-au-Prince.  

Cet article est issu de la dernière édition de Servir. Cliquez ici pour en savoir plus.


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