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Swavis Nzeyimana avec son bébé de sept mois à côté des plats qu'elle fait sécher au soleil, un procédé qu'elle a appris pendant les cours de gestion domestique à Kibimba ( JRS/Danilo Giannese).
Bujumbura,  le 6 novembre 2012 – L'investissement dans l'éducation, en particulier pour les femmes, mettrait définitivement le Burundi sur le chemin du développement durable. Même si le Service Jésuite des Réfugiés met l'accent sur la promotion de l'éducation formelle, le fait d'ignorer les femmes qui quittent l'école très tôt a des effets négatifs sur les individus concernés et gêne le développement communautaire. C'est ce que suggèrent les preuves recueillies par le personnel du JRS.

L'expérience a appris au JRS qu'il y a une interaction évidente entre la pauvreté et le taux d'analphabétisme. Les pays à fort taux d'analphabétisme sont englués dans la pauvreté, et le Burundi n'échappe pas à la règle. Néanmoins, suite au rapatriement de plus d'un demi million de réfugiés rentrés en 2008 après des années d'exil, pour la grande majorité en Tanzanie, l'alimentation est devenue la priorité.

Après avoir veillé à la création de projets destinés à assurer le gagne-pain des réfugiés, le personnel du JRS s'est attelé à renforcer la situation de femmes et de fillettes anciennes réfugiées et autochtones dans leurs communautés par le biais de son projet d'éducation informelle.

«Les femmes sont le véritable moteur de la société burundaise, et pourtant elles n'ont aucun accès à l'éducation, ce qui les empêche de jouer un rôle égal à celui des hommes dans leurs communautés. L'un des principaux obstacles à une meilleure éducation des femmes est le système patriarcal qui fait passer les droits des hommes avant ceux des femmes», a déclaré Tony Calleja SJ, Directeur du JRJS des Grands Lacs d'Afrique.

En augmentant leurs chances d'accéder à l'éducation, on aidera ces femmes à gagner confiance en elles-mêmes et en leurs capacités, ce qui leur permettra d'apporter leur contribution au développement des communautés locales et de la société dans son ensemble. Ceci peut semble compliqué et quelque peu irréel. Mais ce sont les petits déplacements opérés par les communautés – en particulier les familles – dans leur approche quotidienne qui ouvrent la voie à des changements durables.

L'impact sur la vie quotidienne. Swavis Nzeyimana est une jeune mère de 22 ans avec deux enfants âgés respectivement de cinq ans et de sept mois. Depuis janvier elle participe aux cours d'alphabétisation. Jusqu'à il y a quelques années, elle vivait dans un camp de réfugié en Tanzanie où elle ne pouvait aller à l'école parce que son père avait décidé d'éduquer ses fils et de laisser ses filles à la maison pour accomplir les tâches ménagères.

«Aujourd'hui que je sais lire et écrire je me sens plus forte et plus indépendante et mon mari me respecte plus»,a déclaré Swavis.

«Par exemple, si je ne suis pas à la maison et qu'il doit me dire quelque chose d'urgent avant de partir, il me laisse une note sachant que je pourrai comprendre. Et moi, je fais de même. J'ai appris à calculer ce qui est un plus quand je vais au marché. Avant j'étais sure que les commerçants profitaient de mon ignorance pour me voler».

Sensibiliser les hommes. Au Burundi la pratique du mariage précoce représente un obstacle à la scolarisation des femmes. Elles quittent l'école parce que leurs maris les veulent à la maison ou dans les champs. Il est crucial pour l'avenir du projet que nous puissions convaincre les hommes d'éduquer leurs filles et leurs femmes.

Fidel Nahayo, le mardi de Swavis, est femme d'avoir une femme éduquée.

«Swavis est devenue présidente d'une association de femmes parce qu'elle sait lire et écrire, et lorsqu'elle obtiendra le certificat d'alphabétisation délivré par le ministère, elle pourra trouver un travail», a expliqué Fidel.

Fidel a rendu grâce pour l'éducation reçue alors qu'il était jeune et a déclaré qu'il était heureux que sa femme puisse à son tour en bénéficier. D'autre part, a-t-il poursuivi, sa femme est beaucoup mieux armée pour la gestion de leur petite maison.

«A l'école elle a également appris l'hygiène et la gestion domestique. Il y a quelques temps elle a décidé de construite des toilettes à l'extérieur de la maison, ce qui a considérablement amélioré notre qualité de vie».

De nombreux obstacles gênent le développement du Burundi et des petits projets comme ceux que gère le JRS ne changeront pas le cours du pays. Mais grâce à une population mieux éduquée – au sein de laquelle les hommes et les femmes ont le même poids et les familles sont économiquement autosuffisantes – les communautés seront mieux à même de profiter des opportunités.

En fait, renforcer la position des femmes a un impact sur les familles, les hommes et la société dans son ensemble.

Danilo Giannese, Responsable de la Communication et de l'Advocacy au sein du JRS Grands Lacs d'Afrique

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