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Goma, le 12 février 2012 – Toute personnes voyageant sur les pistes boueuses et cabossées de la province orientale du Nord Kivu a déjà vu des adolescents agrippés à leurs fusils ou tout autre type d'arme à feu. Les enfants sont fréquemment victimes de recrutement forcé par l'un des nombreux groupes armés qui opèrent au Congo. A moins qu'ils ne rejoignent les groupes armés pensant que là est leur avenir.

La Journée de la Main Rouge dédiée au sort des enfants soldats dans les pays affectés par les conflits, est célébrée chaque année le 12 février. Cette année, le Service Jésuite des Réfugiés des Grands Lacs d'Afrique a décidé de souligner l'importance de l'éducation et de l'accès à l'école comme moyens privilégiés pour empêcher les mineurs de rejoindre les groupes rebelles. D'autre part, le JRS réitère son appel aux autorités congolaises en faveur de la protection des mineurs contre toute forme d'exploitation par les militaires.

Le personnel du JRS au Nord Kivu, une région où plus de  900.000 déplacés vivent dans une situation d'insécurité permanente, est témoin des bienfaits de l'éducation qui offre aux enfants et aux adolescents l'espoir d'un avenir meilleur. Sachant qu'à long terme l'éducation est le seul moyen pour que demain des adultes au lieu de prendre les armes deviennent des leaders qui consacrent leurs forces et leur vie à la construction de la paix et au développement du pays.

«Nous avons remarqué que les garçons qui rejoignent volontairement les rangs des groupes armés sont justement ceux qui sont déscolarisés. Il apparait donc important qu'il y ait plus d'écoles et plus de jeunes scolarisés au Nord Kivu. Nous leur enseignons la tolérance et le respect afin que demain ils deviennent des artisans de paix au Congo», explique Espérance Nsengimana, une enseignante de l'école secondaire de Kanyangohe, construite par le JRS en 2012.

L'éducation instille l'espoir. Claude Wiringye vient d'avoir 18 ans, mais il vit dans un camp pour personnes déplacées depuis qu'il a 10 ans. Aujourd'hui, il vit avec sa mère et ses jeunes frères dans le camp de Mweso où il effectue la dernière année de sa scolarité.

«La vie dans le camp est très difficile, en particulier pour ce qui concerne la nourriture car nous ne pouvons rien cultiver faute de terre. Heureusement je vais à l'école et je sais que cela m'aidera pour l'avenir», a déclaré Claude.

Claude a des objectifs clairs et précis: réussir ses examens de fin du secondaire et devenir professeur de psychologie.

«De cette façon, j'aurai un travail et je serai à même d'aider ma famille. D'autre part, une formation en psychologie me permettra d'être utile à ma communauté en enseignant à d'autres  le respect mutuel indispensable à une vie dans la paix. Aller à l'école m'a redonné espoir», ajoute Claude.

Aller à l'école dans des régions où la guerre fait rage. Pour les enfants déplacés, l'éducation est tout sauf normale. La plupart des parents qui ont perdu leurs revenus et leur terre, ne peuvent payer les frais de scolarité de leurs enfants, sans parler des uniformes et des manuels. C'est pour cela que là où le JRS construit des écoles, les directeurs d'établissement de la communauté font tout ce qu'ils peuvent pour accepter autant d'enfants déplacés que possible. Le JRS a construit quatre écoles dans la région de Mweso en 2012.

La violence continuelle perpétrée par les groupes armés représente le principal obstacle à la scolarisation des enfants. Suite à l'incursion des rebelles du M23 dans Goma, la capitale provinciale, en novembre dernier, plus de 240.000 enfants ont manqué l'école pendant plusieurs semaines.

Les recrutements forcés. Même si l'école est un rempart contre l'enrôlement des enfants dans les groupes de rebelles, les autorités congolaises se doivent de protéger les enfants contre le recrutement forcé.

En septembre dernier, le JRS a été l'un des signataires d'un communiqué de presse priant le gouvernement congolais de garantir la protection des enfants contre le recrutement forcé. D'après l'organisation Human Rights Watch, de mai à septembre 2012 au moins 48 enfants ont été recrutés par les rebelles du M23.

En octobre, le gouvernement national et les Nations Unies se sont mis d'accord sur un plan d'action destiné à protéger les enfants contre le recrutement forcé et contre d'autres violations des droits humains perpétrés par les groupes armés et par les militaires.

Au cours d'une récente visite à Goma, les agences des Nations Unies et des ONG ont condamné les violations systématiques des droits humains perpétrées par l'état et par des groupes armés – assassinats, enlèvements, torture et destruction de propriété privée –. Des adolescents y étaient impliqués.

Danilo Giannese, Responsable de la Communication et de l'Advocacy au sein du JRS des Grands Lacs d'Afrique

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