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Agnes Asiimwe (à gauche) du Projet Urbain de Nairobi parle à des bénéficiaires du programme visant à offrir un filet de sécurité au cours d'une rencontre à Nairobi. (Charles Njanga/JRS)
Nairobi, le 18 février 2013 – Par un dimanche matin ensoleillé, la salle de l'église Sainte-Thérèse d'Eastleigh, Nairobi, s'anime au fur et à mesure où les personnes arrivent. Une foule d'hommes et de femmes transportant chacun un petit panier, attendent la dernière session de l'initiative du JRS pour les réfugiés urbains qui gèrent de petits commerces dans la capitale kenyane. Les 45 bénéficiaires du Projet Urbain du JRS à Nairobi, ont reçu de la nourriture et une aide matérielle, véritable filet de sécurité, pendant le temps où ils sont totalement investis dans leur business (IGAs: Income Generating Activities - Activités rémunératrices).

L'initiative du JRS qui dure quatre mois, et qui s'est terminée le mois dernier, a été lancée suite à une étude menée par le HCR et le Conseil Danois des Réfugiés en mai 2012, qui a révélé qu'à Nairobi, les IGAs gérées par les réfugiés stagnaient. L'étude a montré que les revenus n'étaient pas suffisants pour couvrir les besoins des réfugiés, et n'étaient pas réinvestis dans le commerce. L'étude préconisait de fournir aux bénéficiaires de la nourriture et un soutien matériel pour une période de quatre mois, afin de leur donner la possibilité d'investir leurs bénéfices.

Le programme cherchait également à stabiliser la consommation des ménages et à renforcer la capacité des groupes d'entraide basés sur des communautés à offrir une aide sociale. Après avoir convoqué la rencontre, Agnes Asiimwe, Coordinatrice du Projet Urbain de Nairobi pour les IGAs, a invité les membres du groupe à présenter l'impact de l'initiative sur leur vie. Après quelques hésitations, une femme a pris la parole. 

«J'ai pu démarrer mon propre business. Au départ, je ne vendais que des paniers tissés, désormais je vends aussi des tissus africains imprimés. L'aide reçue du JRS a transformé ma vie, tellement que j'ai pu emménager dans une maison plus confortable», a déclaré fièrement la femme, déclenchant sourires et applaudissements. 

L'intégration dans la communauté d'accueil représentait un autre enjeu du programme. La plupart des réfugiés vivent au milieu des Kenyans, fréquemment dans des communautés marginalisées; l'inclusion de cinq Kenyans dans le groupe a renforcé l'interdépendance des communautés locales et réfugiées, aidant à sortir de l'idée que les réfugiés sont plus favorisés que les personnes locales.

Témoignages. «J'ai pu agrandir mon épicerie à Kayole (Nairobi) après que j'ai quitté Telkom, Kenya.Désormais, je peux mieux nourrir ma famille», a déclaré Joseph, un Kenyan. Des participants de son espèce sont identifiés par le biais de six conseils de paroisses catholiques locales et comptent parmi les personnes les plus vulnérables de la communauté.

«Je suis reconnaissante pour l'aide du JRS. Désormais mes enfants ont de quoi manger et peuvent aller à l'école. Dieu bénira surement les Kenyans pour l'aide qu'ils ont apportée aux réfugiés», a déclaré Mary *qui vend des cassaves frites dans deux localités proches de Nairobi. L'assistance du JRS lui a permis d'étendre son business à la vente de vannerie.

D'après Mathias Mbisu, un travailleur du JRS basé à Eastleigh, la distribution d'articles alimentaires et autres a beaucoup assisté les bénéficiaires du programme visant à offrir un filet de sécurité.

«Ils ont pu se concentrer sur leur business sans avoir à se soucier de nourrir leurs familles», a déclaré Mathias.

Dans le cadre du suivi du programme, les membres du personnel du JRS visitent les bénéficiaires là où ils résident pour voir comment ils vont. 

Résultats. Au départ, les 45 participants avaient ouvert un compte bancaire personnel pour recevoir l'aide sociale. C'était aussi une manière les encourager à mettre de l'argent de côté. Une évaluation menée après deux mois a montré que 50 pour cent des bénéficiaires ont pu mettre de l'argent de côté. D'autres avaient pu augmenter leurs stocks, se diversifier dans des business plus profitables ou emménager dans des maisons plus confortables.

Dans le cadre d'une stratégie de sortie, le JRS proposera une formation en gestion aux participants. En quittant la salle de la paroisse, on pouvait se rendre compte que le style des participants s'était amélioré. Mais ce jour-là était le dernier jour de distribution de nourriture, et le prochain défi sera d'une part de faire en sorte que les anciens bénéficiaires demeurent autonomes et d'autre part d'étendre ce type de soutien à de nouveaux arrivants.

«Une fois le programme terminé, il est à craindre que les bénéficiaires ne soient pas capables de maintenir leur style de vie, mais dans la mesure où l'aide s'est déroulée dans un cadre précis, un contrôle continu permettra de veiller à ce que les réfugiés aient un revenu acceptable», a déclaré Ms Asiimwe.

*Les noms ont été changés pour protéger l'identité des personnes

Le JRS assiste les réfugiés à Nairobi depuis 1991, répondant aux besoins urgents non satisfaits des demandeurs d'asile nouvellement arrivés et aux réfugiés en situation de grande vulnérabilité. Le JRS donne priorité aux femmes seules en charge d'une famille nombreuse, aux chefs de famille qui ne bénéficient d'aucun soutien, aux mineurs non accompagnés, aux personnes ayant des besoins spécifiques ou des handicaps, aux personnes âgées, aux malades, aux personnes atteintes du Sida. En 2011, le programme urbain d'urgence a fourni divers services à plus de 2.600 réfugiés: aide alimentaire et autre, assistance médicale et financière, soutien pastoral et psychologique, soutien pour des activités rémunératrices.

Charles Njanga, Coordinateur de la communication du JRS Afrique de l'Est.

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