Thaïlande: les habitants se précipitent au secours de ceux qui ont besoin d'aide
16 novembre 2011

Des inondations continuent à entraver les vies des communautés de migrants dans la banlieue de Bangkok, Thaïlande. (Oliver Blanc/JRS)
L'idéogramme chinois pour la crise combine deux caractères – l'un qui représente le danger et l'autre, l'opportunité.
Bangkok, le 16 novembre 2011 – Dans la capitale thaïlandaise, un grand nombre de personnes ont profité de la crise pour aider les autres. De petits actes de gentillesse et d'héroïsme qui passent souvent inaperçus dans le flot de denrées apportées d'urgence. Le JRS a eu la chance de rencontrer certains de ces héros méconnus et d'entendre leur histoire.

«Ce sont les anciens de notre communauté qui ont été les premiers à nous apporter de la nourriture», a déclaré une jeune femme de 26 ans originaire de Birmanie qui a rejoint quarante de ses compatriotes dans un immeuble de deux étages situé au cinq de Putthammonton Sai, dans la partie sud-ouest de la capitale.

Pendant l'inondation, des communautés de migrants ont uni leurs forces pour s'entraider, comme par exemple pour cette femme qui attend que l'usine où elle travaillait la reprenne après l'inondation.

Les volontaires ne sont pas tous des Thaïlandais. Myu Oo, un travailleur migrant âgé de 19 ans, a sauté dans le bateau utilisé par le JRS pour apporter des denrées dans un district où personne n'était encore allé. Il a considérablement aidé le personnel du JRS en traduisant les conversations en thaïlandais et en birman.

«Je ne partirai pas d'ici, car c'est ici que je reçois la nourriture qui me permet de survivre», a-t-il déclaré.

Comme Myu Oo, nombreux sont ceux qui ont profité de leur accès à l'aide pour proposer leurs services à des agences humanitaires, comme le JRS, pour les aider à prendre la mesure de l'impact de l'inondation sur la vie des migrants. Un exemple: Salwin, un réfugié birman, est devenu une personne ressource pour le JRS et pour les organisations locales en allant vers des personnes vivant dans des endroits isolées. Comme celles que le JRS et des partenaires locaux ont visité du 14 au 16 novembre.

Des centaines de personnes sont encore prises au piège dans leurs appartements, isolées par la montée des eaux. Un grand nombre de ces habitations se trouvent à quatre ou cinq kilomètres des points de ravitaillement.

Des organisations locales, telles que le Labor Protection Network (LPN) ont fait de gros efforts pour aller au-delà des points de ravitaillement, à la recherche de personnes en grande nécessitée. Le LPN et le JRS ont mené diverses opérations au cours de l'inondation: évaluations rapides des besoins, acheminement des secours, sauvetage de personnes. Alors qu'une opération de sauvetage du JRS se terminait par un repas partagé à la fin de la journée, Ko, le chef de l'équipe du LPN, s'est excusé en disant: «nous devons partir pour un autre sauvetage».

Ce 16 novembre, les opérations de secours auraient fini tard dans la nuit, tout comme les évaluations menées deux jours plus tôt, si le personnel n'avait pas reçu l'aide des employés du Ministère de la Marine et des Ressources Côtières, qui ont transporté les habitants jusqu'aux points de ravitaillement.

«Au cours du mois passé nous avions travaillé à Ayutthaya (au nord de Bangkok), et nous y avons mené diverses opérations au cours des trois derniers jours», a déclaré le capitaine du bateau.

Il nous a dit comment alors qu'un camion passait l'un des points d'accès, des personnes postées sur la route avec de grands panneaux leur avaient jeté des bouteilles d'eau. Le texte en thaïlandais était difficile à lire, mais le sourire du responsable parlait par lui-même.

Les plus marginalisés

Il a dit au JRS qu'ils avaient eu des difficultés à trouver de la nourriture pour survivre. Les survivants sont confrontés à des éléments inattendus, tels que les crocodiles à la dérive, ou des opportunistes qui cherchent à faire fortune sur le dos des personnes dans le besoin.

Par exemple, certains propriétaires de bateaux pratiquent des prix exorbitants, ce qui oblige les groupes marginalisés à se frayer un chemin dans les eaux boueuses et dangereuses. Le JRS a entendu parler d'une femme enceinte qui même si elle ne pouvait pas payer le montant du transport, n'avait pas le choix: c'était soit aller à son travail de cette manière ou perdre son emploi.

Parmi les actes les plus odieux, il y a celui d'un propriétaire d'appartement qui a coupé l'électricité dans le bâtiment. Ne pouvant boire l'eau du robinet, ses locataires, dont un grand nombre qui ont perdu leur emploi, ont dû lui acheter de l'eau potable.

L'idéogramme chinois pour la crise combine deux caractères – l'un qui représente le danger et l'autre, l'opportunité. La crise engendrée par l'inondation qui a frappé la Thaïlande représente une opportunité pour tous. La manière dont chacun de nous – des membres des communautés locales aux ministres gouvernementaux – répond à la crise révèle notre nature profonde.

Cliquer ici pour lire la réponse du JRS à l'inondation



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