Etats-Unis: La décision de la Cour Suprême réaffirme la nécessité d'une réforme de l'immigration à la fois humaine et globale
27 juin 2012

Une jeune fille regarde son frère à l'occasion d'une session de conseil à laquelle ils participent avec leur mère, à l'intérieur de l'Abri des Femmes géré par la Kino Border Initiative à Nogales, Sonora, Mexique. (Christian Fuchs/JRS).
Cette décision affecte tous les Hispaniques vivant dans l'état de l'Arizona, mais en plus, toute personne semblant «d'allure étrangère» peut être mise en détention et interrogée par les fonctionnaires mentionnés ci-dessus.
Washington DC, le 27 juin 2012 – Le Service Jésuite des Réfugiés des Etats-Unis, la Conférence Jésuite des Etats-Unis, et la Kino Border Initiative se sont réjouis de la décision prise par la Cour Suprême lundi d'annuler trois provisions importantes de la très controversée loi sur l'immigration prise par l'Arizona, SB 1070.

«Ce faisant, la Cour a reconnu l'autorité constitutionnelle du gouvernement fédéral en matière de régulation de l'immigration». C'est ce que l'on a pu lire dans la déclaration publiée par les trois groupes Jésuites.

Les articles de loi qui ont été annulés comprennent l'article qui criminalise la recherche d'un emploi par les migrants en l'absence de permis de travail, ainsi que l'article qui obligeait les migrants à porter sur eux leurs papiers d'identité en permanence. Et enfin, la police de l'Arizona ne pourra plus arrêter quelqu'un sur la simple suspicion qu'il ou elle peut être un immigrant expulsable.

Toutefois, la Cour a unanimement maintenu les articles qui forment le cœur de la loi, qui exigent que ce soit des fonctionnaires chargés de faire respecter la loi qui déterminent le statut d'immigration de toute personne qu'ils interpellent ou arrêtent s'ils ont quelque raison de penser que cette personne pourrait être dans le pays clandestinement.

«Nous sommes cependant déçus que la décision ait conservé une dernière provision de la loi de l'Arizona en vertu de laquelle des fonctionnaires chargés de faire respecter la loi peuvent arrêter et placer en détention sans mandat des individus sur la seule base «d'une suspicion raisonnable» de statut irrégulier. Nous craignons que cet article ne mette les dits fonctionnaires en porte-à-faux avec les communautés qu'ils cherchent à protéger», précise la déclaration.

Cette décision affecte tous les Hispaniques vivant dans l'état de l'Arizona, mais en plus, toute personne semblant «d'allure étrangère» peut être mise en détention et interrogée par les fonctionnaires mentionnés ci-dessus. De telles lois sont dangereuses pour tous les résidents de l'Arizona car elle engendre la peur et la méfiance envers les fonctionnaires chargés de faire respecter la loi et elle pousse dans l'ombre les communautés d'immigrants en les décourageant d'entrer en contact avec la police lorsqu'ils sont victimes de crimes.

«La décision de la Cour Suprême concernant la loi de l'Arizona ouvre la porte à de potentiels futurs défis juridiques, et nous espérons que les articles de cette loi seront abandonnés une fois que les problèmes connexes auront été mieux étudiés», continue la déclaration. 

«Par le biais de la Kino Border Initiative (une tentative de coopération entre six organisations religieuses, dont le JRS Etats-Unis et deux provinces de la Compagnie de Jésus, à l'œuvre dans les deux villes jumelées de Nogales, Arizona, et Nogales, Sonora, Mexique), nous témoignons chaque jour des dures réalités des failles de l'actuel système d'immigration», conclu la déclaration.

La Conférence Jésuite, le JRS Etats-Unis, et la Kino Border Initiative sont depuis longtemps engagés dans une approche plus humaine et plus globalisante de la réforme de l'immigration.

Dans cet esprit, les trois groupes se sont réjouis des propos adressés par Mgr José H Gomez, archevêque de Los Angeles, président du Comité sur les Migrations de la Conférence des Evêques Catholiques des Etats-Unis, en réponse à la décision de la Cour Suprême.

«Les évêques catholiques des Etats-Unis interviendront auprès des gouvernements de leurs états pour qu'ils soutiennent pas des lois semblables à celles de l'Arizona, mais qu'ils soutiennent plutôt une réforme humaine au niveau fédéral. Une mise en application humaine des lois de notre pays fait partie de toute solution, mais la mise en application de la loi, lorsqu'elle est injustement administrée, conduit aux violations des droits et à la dislocation des familles», a déclaré l'archevêque.



Press Contact Information
James Stapleton
international.communications@jrs.net
+39 06 69 868 468