Malte: Les ONG prient le gouvernement d'ouvrir une enquête indépendante sur la mort d'un migrant dans un centre de détention
03 juillet 2012

Un groupe d'environ 260 migrants arrive à Marsaxlokk, un village traditionnel de pêcheurs situé au sud-est de Malte (Darrin Zammit Lupi/Tims of Malta)
Nous sommes inquiets de ce que les discours politiques du gouvernement et des principaux partis d'opposition ont contribué à la déshumanisation des demandeurs d'asile.
Valletta, le 3 juillet 2012 – Le 30 juin, suite à la mort tragique de Mamadou Kamara, un migrant malien détenu dans le Service de Détention, neuf ONG Maltaises ont condamné l'utilisation de la violence par les fonctionnaires maltais.

«Horrifié et attristé par la mort tragique de Mamadou Kamara survenue le 30 juin dans le Service de Détention, nous ONG condamnons sans équivoque cet acte de violence et demandons au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour que cette mort, qui n'est pas la première en pareilles circonstances, soit en fait la dernière». D'après le communiqué publié le 1e juillet par les ONG, dont le JRS Malte.

«D'après les journaux, Mamadou avait tenté de s'échapper du centre de détention au cours de l'après-midi du vendredi. Il avait été rattrapé par des fonctionnaires du DS qui l'avaient emmené à la polyclinique Paola tôt le samedi matin, selon les procédures prévues en pareilles circonstances. A son arrivée, le personnel a constaté sa mort et les nombreuses blessures dans la région de l'aine et des reins, probables conséquences d'un passage à tabac.

«Nous pensons que cet incident violent et tous ceux qui l'ont précédé au cours des années passées, prouvent que le système initial d'accueil a échoué et que les coûts de la politique de détention dépassent de loin les bénéfices potentiels pour toutes les personnes concernées», a déclaré le Dr Katrine Camilleri, Directeur du JRS Malte.

Nous sommes également inquiets de ce que les discours politiques du gouvernement et des principaux partis d'opposition ont contribué à la déshumanisation des demandeurs d'asile. Ce qui a des effets désastreux.

Les obligations de Malte en matière de droits humains exigent que les fonctionnaires concernés par ces exactions répondent de leurs actes, même si nous pensons que cela sera insuffisant.

«Malte a le devoir de faire en sorte que toute personne privée de liberté – pour quelque raison que ce soit – soit protégée de manière efficace contre la torture, les traitements ou les punitions inhumaines ou dégradantes. Le droit à la vie de ces personnes doit être sauvegardé, toute suspicion de violation doit faire l'objet d'une enquête et les auteurs de ces actes doivent être traduits en justice. Il est capital que tout échec institutionnel soit reconnu et traité si on veut empêcher de futures violations», a déclaré le Dr Neil Falzon, Directeur de la Fondation Aditus.

C'est pourquoi nous demandons au bureau du Premier Ministre de prouver qu'il est véritablement engagé à ce que toutes les personnes soient traitées avec égal respect et dignité:
  • en faisant en sorte que l'enquête actuelle soit véritablement indépendante et efficace, et que ses conclusions, recommandations et actions éventuelles soient rendues publiques;
  • en menant une révision détaillée et complète de la politique maltaise en matière de détention obligatoire, comprenant la mise en œuvre d'alternatives à la détention pour les demandeurs d'asile et les migrants en situation irrégulière qui n'ont guère, voire aucune, perspective de réinstallation;
  • en mettant en œuvre au plus tôt et de manière décisive les recommandations issues des conclusions de l'enquête;
  • en renforçant le mandat et la capacité du Detention Visitors Board, l'organisme officiel chargé de surveiller les conditions de détention, d'accomplir la tâche onéreuse qui lui a été confiée, tout en obligeant le Responsable du Detention Service à les mettre en oeuvre.
Les ONG signataires. Aditus foundation, Jesuit Refugee Service (Malta), SOS Malta, Integra Foundation, Migrants Network for Equality, Emigrants' Commission, GetUpStandUp, Organisation for Friendship in Diversity, KOPIN, Foundation for Shelter and Support to Migrants.

Pour plus d'informations, contacter:
Dr Katrine Camilleri +356 7985 8099
Dr Neil Falzon +356 998 92 191




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