Europe: Appel de plusieurs ONG à l'agence européenne de contrôle des frontières pour mieux protéger les droits humains des migrants
17 octobre 2012

Un groupe d'Africains nouvellement arrivés dans un centre de détention à Malte. Au cours des deux années passées, Malte et un certain nombre d'autres destinations européennes sur la côte méditerranéenne ont noté une baisse importante du nombre d'arrivées par voie de mer. (Michael Edström/ UNHCR)
Nous voulons que le travail du Forum se base sur la pratique. Nous ne cherchons pas seulement à exprimer notre accord sur des principes généraux sur papier, mais plutôt sur des standards concrets et sur des mécanismes qui garantissent les droits des migrants.
Bruxelles, 19 octobre 2012 - Frontex, l'agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières, a finalement mis les droits humains des migrants clairement à l'ordre du jour de la première réunion du Forum consultatif sur les droits fondamentaux, récemment établi, qui s'est tenue mardi dernier à Varsovie. Ce Forum, composé d'organisations de la société civile et d'institutions de l'UE, a choisi le JRS Europe pour la co-présidence avec Frontex.

«Nous ne pouvons pas assez insister sur l'importance de ce forum. Un nombre considérable de personnes sont mortes aux frontières extérieures de l'Union Européenne. Frontex, en tant qu' organisme de l'UE, est obligée de faire tout ce qui est en son pouvoir pour que les droits des migrants qui entrent dans l'UE soient respectés» a dit Stefan Kessler, le représentant du JRS Europe au Forum.

«Ceci n'a certainement pas été le cas. Nous avons perçu une claire absence de mécanismes de monitorage pour identifier les personnes en besoin de protection, un manque de prise en considération de la situation des droits humains dans les pays de transit où les migrants interceptés peuvent être renvoyés, ainsi qu'une absence de mécanismes permettant aux migrants de présenter une plainte officielle contre Frontex» a ajouté M.Kessler.

Récemment, Frontex a été pressé par plusieurs ONG, y compris JRS Europe, d'assurer que leurs opérations soient ouvertes à l'examen public et qu'elles garantissent le respect des droits des migrants. Ces appels ont été intensifiés en 2011, quand près de 2000 migrants sont morts tandis qu'ils traversaient la mer Méditerranée.

Un cas particulièrement pointé a été la mort tragique de 54 migrants en traversée de Libye vers l'Italie en juillet dernier. Leur bateau avait atteint la côte italienne mais a été obligé de retourner en pleine mer. L'unique survivant, un Erythréen, a dit aux autorités de l'organisation des Nations Unies pour les réfugiés que tous les embarqués étaient morts de déshydratation au cours de ce calvaire de 15 jours. Plus de la moitié de ceux-ci venaient de l'Erythrée, pays connu pour ses graves violations de droits humains.

«Notre intention est de rendre ce forum un instrument efficace et durable pour améliorer la situation des droits humains aux frontières extérieures de l'Union Européenne et dans le contexte des opérations de retour forcé coordonnées par Frontex. Si les inputs des ONG au Forum consultatif sont sérieusement prises en considération, il a la capacité de diminuer la probabilité d'autres tragédies» a encore dit M. Kessler.

Le forum consultatif travaillera en collaboration avec le responsable des droits fondamentaux de Frontex, récemment nommé, qui a la responsabilité de contrôler que les droits des migrants soient sauvegardés pendant les opérations aux frontières.

«Nous voulons que le travail du Forum se base sur la pratique. Nous ne cherchons pas seulement à exprimer notre accord sur des principes généraux sur papier, mais plutôt sur des standards concrets et sur des mécanismes qui garantissent les droits des migrants» a conclu M.Kessler.

Informations pour contacts:


Philip Amaral
JRS Europe, Bruxelles
Coordinateur pour l'advocacy et les communications
Europe.advocacy@jrs.net
Tél. +32(0)2 250 32 20

www.jrseurope.org
www.detention-in-europe.org
www.twitter.com/JRSEurope

Aux rédacteurs:

  • Le Service Jésuite des Réfugiés oeuvre dans plus de 50 pays dans le monde. L'organisation emploie plus de 1200 personnes: laïcs, jésuites et autres religieux, pour couvrir les besoins éducatifs, médicaux et sociaux d'environ 700.000 réfugiés et personnes déplacées, dont plus de la moitié sont des femmes. Les services sont fournis aux réfugiés indépendamment de leur race, origine ethnique ou foi religieuse.
  • Le JRS a des bureaux dans 14 pays européens et, en outre, un bureau pour questions européennes, à Bruxelles. En Italie, le personnel et les bénévoles du JRS servent des centaines de demandeurs d'asile et de réfugiés chaque semaine à leur cantine populaire. A Malte, le JRS rencontre les réfugiés et les migrants en détention, leur fournit un soutien juridique et social et s'occupe des personnes qui arrivent par bateau.
  • En août 2012, JRS Europe a envoyé une lettre à l'Ombudsman européen en relevant ses principales préoccupations concernant les droits humains dans les opérations de Frontex.
  • Le JRS Europe suit activement l'avant-projet de la législation européenne sur le Système européen de surveillance des frontières extérieures (EUROSUR). Le JRS se préoccupe particulièrement, notamment, du fait que la législation ne propose pas de procédure spécifique de recherche et de sauvetage, qui est nécessaire pour prévenir d'autres décès de migrants en mer Méditerranée.
  • Le JRS Europe siège au Forum consultatif Frontex sur les droits fondamentaux, aux côtés des ONG suivantes: Bureau UE d'Amnesty International, Caritas Europe, la Commission des Eglises pour les Migrants en Europe, le Conseil européen sur les réfugiés et les exilés, la Commission internationale catholique sur la migration, et la Plate-forme pour la coopération internationale sur les migrants sans-papiers.
  • Le représentant du JRS Europe au Forum, M.Stefan Kessler, est disponible pour interviews.




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