Bulletin bimensuel du Bureau International du Service Jésuite des Réfugiés. Le bulletin comprend des nouvelles sur les réfugiés et des mises à jour de projets envoyées par nos collaborateurs sur le terrain.


  Ethiopie: L'interdiction de l'éducation à distance est levée

 
Après le changement d'orientation du gouvernement, le JRS espère pouvoir offrir aux réfugiés l'opportunité de bénéficier d'études universitaires ; Addis Abeba, Ethiopie (Peter Balleis SJ/JRS)

 
Au moment où la décision concernant la levée de l'interdit a été annoncée de façon inattendue, le JRS se préparait à offrir 30 bourses à des réfugiés érythréens.  

Mai-Aini, le 21 octobre 2010 – Le ministère de l’éducation a fait appel contre un décret interdisant les programmes d’éducation à distance.

Bien que les détails ne soient pas encore connus, le JRS espère qu'il pourra mettre en œuvre ses programmes d'éducation à distance pour les jeunes Erythréens réfugiés du camp de Mai-Aini.

Le décret, publié le 23 août, intervient après des recommandations émises par l'Agence Ethiopienne pour la Qualité et l'Education dans le cadre d'un effort de protection des normes nationales en matière d'éducation. Toutefois, après des condamnations publiques émanant des fournisseurs d'éducation, et une série de rencontre entre les autorités et les parties affectées, l'interdiction a été levée.

Le décret initial a choqué le JRS. Celui-ci était en effet occupé à faire en sorte que les réfugiés vivant dans les camps situés sur la frontière nord puissent avoir la possibilité de suivre des cours à distance proposés par l'Université de Mekelle, un établissement supérieur reconnu pour la qualité de son enseignement.

Plus de 370 réfugiés enregistrés par le JRS reçoivent une bourse d'études pour l'Université de Mekelle. Suite à un examen rigoureux, 89 d'entre eux ont pu prendre l'Anglais comme deuxième langue pour leurs examens. Au moment où la décision concernant la levée de l'interdit a été annoncée de façon inattendue, le JRS se préparait à offrir 30 bourses à des réfugiés érythréens.

D'après le personnel du JRS, les réfugiés espèrent qu'ils pourront participer aux cours.

L'optimisme prévaut

« Depuis que j'ai signé pour les bourses d'études du JRS, je rêve de lire les manuels scolaires  prévus, d'écrire de bons devoirs, de discuter avec des amis », a déclaré Girma, l'un des leaders des jeunes du camp.

Outre la levée de l'interdiction pesant sur les cours à distance, le décret  interdit aux  institutions éducatives privées de proposer des programmes relatifs au droit et à la formation des enseignants, et il  limite les programmes de sciences de la santé. Par contre on ne connaît pas l'impact de l'annonce gouvernementale sur ces cours.

Le camp de réfugiés de Mai-Aini a ouvert en 2008. A ce jour, il abrite une population de 11.000 Erythréens qui ont fui un régime autoritaire caractérisé par la répression politique, la stagnation de l'économie et la conscription obligatoire. Le JRS a commencé à travailler dans le camp de Mai-Aini en juin 2010 et aujourd'hui il propose des cours en conseils divers, sports, musique, arts du théâtre et danse, à 170 réfugiés.



République Démocratique du Congo : Les femmes demandent des actions contre la violence

 
Les communautés déplacées ont des besoins urgents en matière de développement et de retour à un état de droit, Goma, République Démocratique du Congo (Peter Balleis SJ/JRS)

 
Sœur Caffi a rendu hommage au courage des femmes congolaises.  

Rome, le 28 octobre 2010 – Les femmes congolaises sont lasses des conférences sur la violence, elles veulent des actions pour en comprendre les racines. C'est ce qu'a déclaré Sœur Teresina Caffi, une Missionnaire de Marie, travaillant à Bukavu, la capitale de la province  orientale du Sud Kivu.

Le 17 octobre des milliers de femmes ont manifesté dans les rues de Bukavu pour protester contre les viols perpétrés par les  groupes armés actifs dans la région.

D'après Sœur Caffi, les femmes ont été particulièrement ciblées pendant la guerre qui a ravagé la République Démocratique du Congo pendant 14 ans. Cette violence n'est pas le seul fait d'un soldat en proie à ses instincts brutaux et qui viole une jeune fille, mais bien plutôt l'usage de la violence sexuelle pour anéantir un peuple psychologiquement.

Le fait de violer une femme devant ses enfants et des membres de sa famille, a poursuivi la missionnaire, est une tentative délibérée pour anéantir l'humanité d'un peuple.

Sœur Caffi a expliqué que des années de conflit avaient banalisé la violence sexuelle. Des enfants témoins du viol de leur mère, il y a vingt ans de cela, sont désormais des adultes et personne ne sait dans quelle mesure cette violence a endommagé leur équilibre affectif.

Sœur Caffi a rendu hommage au courage des femmes congolaises qui ont pu surmonter de pareilles horreurs avec courage et dignité. Un grand nombre de femmes qui ont subi cette violence font désormais tout ce qu'elles peuvent pour retrouver une vie normale et prendre soin de leurs enfants.

La reconstruction passe par l'éducation

L'école devrait offrir un environnement  protecteur où les jeunes peuvent s'instruire, en particulier en temps de guerre. Or, elle est devenue un lieu où les jeunes sont confrontés aux recrutements forcés, aux viols et autres violations.

L'accès à l'éducation est devenu un luxe accessible seulement à ceux qui ont de l'argent. C'est ainsi que dans la province du Nord Kivu, seuls 43 pour cent des enfants peuvent accéder à l'école, les 57 pour cent restants sont exclus. Parmi les autres causes qui limitent l'accès à l'éducation, il y a l'absence de latrines, de points d'eau et de système sanitaire, ceci est particulièrement vrai pour les filles. Sans compter que le niveau éducatif de la RDC est très bas.

De son côté, le JRS propose une assistance humanitaire, en particulier dans les domaines de l'éducation et de la formation, à des milliers de réfugiés et de personnes déplacées vivant en RDC. Les civils continuent à souffrir des conséquences des combats, en particulier dans les parties nord-est et est du pays.

En 2008, le JRS a commencé un programme global d'éducation et de protection dans le Nord Kivu, qui propose des formations à des jeunes, une éducation en primaire et en secondaire, sans oublier divers services à des personnes en situation de vulnérabilité, y compris un soutien psychosocial. En 2009, le JRS a continué à assister plus de 32.000 personnes déplacées.



Australie : Le JRS se réjouit des avancées du gouvernement en matière de détention

 
L'un des nombreux centres de détention australiens (JRS, Australie)

 
Il était grandement temps de libérer les enfants et les familles vulnérables des centres de détention  

Sydney, le 18 octobre 2010 – Le JRS Australie s'est réjoui lorsque le gouvernement a annoncé son intention de déplacer les enfants et les familles en situation de vulnérabilité  placés en détention vers des hébergements communautaires.

D'après le JRS, les organisations communautaires et caritatives à l'œuvre dans ce domaine seront bien placées pour coopérer avec le gouvernement dans le service à ces personnes.

« Nous pensons que c'est une bonne initiative, une bonne réponse à ce que nous JRS et d'autres agences travaillant au service des réfugiés et des demandeurs d'asile demandons depuis un bon bout de temps : il est impensable de laisser des gens en détention pour des périodes indéterminées, en particulier les plus vulnérables, les mineurs non accompagnés et les familles avec enfants », a déclaré Sacha Bermudez- Goldman SJ, le Directeur du JRS Australie.

« Cette initiative va dans le sens des Nouvelles Directives en matière de Politique de Détention introduites par le gouvernement en juillet 2008 et qui précisaient déjà que le fait de garder des personnes en détention ne devrait être utilisé qu'en dernier ressort et pour des périodes de temps limitées. C'est aussi une bonne occasion pour les communautés et les organisations d'Eglise de s'impliquer et de mettre leurs ressources au service des plus vulnérables », a ajouté le père Sacha Bermudez-Goldman SJ.

Donner la priorité aux plus vulnérables

Dans son communiqué, le gouvernement a annoncé qu'il allait libérer « un nombre relativement important » d'enfants et de familles vulnérables qui seraient hébergées dans des hébergements communautaires.

« Bien qu'il soit difficile d'évaluer le degré de vulnérabilité lorsque la plupart des personnes concernées sont des enfants, il est clair que des mineurs non accompagnés, vivant seuls et sans soutien familial, constituent un groupe hautement vulnérable », a continué le père Bermudez-Goldman.

Ce changement ouvrira des portes aux mineurs non accompagnés d'aller enfin à l'école, en leur proposant d'acquérir des qualifications et des techniques qu'ils pourront ensuite mettre au service de la communauté s'ils peuvent vivre en Australie, ou dans leur pays d'origine s'ils doivent rentrer chez eux.

Le père Steve Curtin SJ, Provincial des Jésuites d'Australie, a déclaré qu'il était grandement temps de libérer les enfants et les familles vulnérables des centres de détention.

« On sait maintenant que la détention prolongée est dommageable pour la santé des personnes, et les Jésuites se réjouissent de ce que le gouvernement a enfin décidé d'opérer ce changement », a-t-il déclaré.



Népal : Un tiers des Bhoutanais ont été réinstallés

 
Préparer les communautés à des solutions durables, camp de Shanyarima, Népal oriental, (Peter Balleis SJ/JRS)

 
Cela fait plus de 20 ans que 105.000 réfugiés bhoutanais d'origine Lhotsampa ont trouvé refuge au Népal.  

Rome, le 19 octobre 2010 – Plus de 36.000 réfugiés bhoutanais ont été réinstallés dans des pays tiers. C'est ce que révèlent de récentes statistiques du gouvernement népalais. Ceci représente une augmentation substantielle pour les 20 derniers mois. Depuis janvier 2009, 28.000 réfugiés bhoutanais ont été réinstallés.

La grande majorité de ceux qui ont bénéficié d'une réinstallation -31.133 personnes – ont été accueillis par les Etats-Unis ; l'Australie et le Canada en acceptant quelque 2.000 chacun. Le restant est parti pour le Danemark, la Nouvelle-Zélande, la Norvège et le Royaume-Uni. 11.732 réfugiés acceptés par des pays tiers sont en attente de départ.

Au 30 septembre dernier, il y avait 75.671 réfugiés dans les divers camps, pour un total initial de 111.000. La population bhoutanaise devrait passer à 71.000 personnes d'ici à janvier prochain, à 55.000 en janvier 2012 et à 30.000 en janvier 2013. A partir de ces données, le JRS pense que le programme des rapatriements continuera en 2014.

Les réfugiés ont été divisés en deux catégories : ceux qui privilégient la réinstallation et ceux qui sont d'accord pour le rapatriement. D'après des statistiques concernant la réinstallation, en date du 30 septembre moins de 20 pour cent de la population bhoutanaise réfugiée vivant dans les camps du Népal oriental n'avaient toujours pas exprimé le désir d'être réinstallés dans un pays tiers. La plupart des personnes constituant ce groupe espère toujours pouvoir rentrer un jour chez eux.

Des années d'attente

On espère que les ordres en provenance d'Australie en novembre, du Canada et des Pays-Bas en octobre et des Etats-Unis en novembre, fixeront des dates pour le départ de ceux qui ont été acceptés par ces pays.

Cela fait plus de 20 ans que 105.000 réfugiés bhoutanais d'origine Lhotsampa ont fui le Bhoutan et trouvé refuge au Népal en passant par l'étroit couloir situé en territoire indien qui sépare les deux pays. Les Forces de Sécurité indiennes ont escorté les réfugiés jusqu'au Népal. Les autres réfugiés vivent dans les sept camps gérés par le HCR  qui se trouvent dans deux districts du Népal oriental. Un tout petit nombre essaie de survivre en Inde tant bien que mal.

Au fil des ans, le Népal et le Bhoutan ont engagé des négociations bilatérales pour résoudre cette question. Les résultats, qui ont été rendus publics en juin 2003, montrent que seuls quatre pour cent des personnes concernées ont obtenu le droit à un retour inconditionnel, 71 autres pour cent peuvent retourner à condition de remplir des conditions draconiennes, comme par exemple réussir des tests de langue et accepter de vivre dans des hébergements spécifiques, etc. Suite aux remous qui ont agité certains camps, le gouvernement bhoutanais a suspendu le processus au nom de la sécurité.



Sri Lanka : Les ONG refusent de participer à la commission de réconciliation

 
La justice est un élément indispensable à une paix durable et à la réconciliation, Mannar, nord-ouest du Sri Lanka, (Peter Balleis SJ/JRS)

 
L'absence de mesures de protection des témoins est terriblement inquiétante.  

Rome, le 20 octobre 2010 – Une groupe d'ONG internationales – Human Rights Watch, Amnesty International et le Groupe International Crisis – ont refusé une invitation du gouvernement à passer devant la LLRC (Commission de la Réconciliation et des Leçons Apprises) au nom du manque de crédibilité de cette dernière.

Dans une lettre envoyée à la commission, les organisations ont déclaré qu'elles apprécieraient de passer devant une véritable commission vraiment décidée à travailler à la responsabilité et à la réconciliation au  Sri Lanka, tout en précisant que ce n'était pas le cas du LLRC.

D'après les organisations de défense des droits humains, non seulement la LLRC ne correspond pas aux normes internationales en matière d'enquêtes impartiales et indépendantes, mais elle travaille, sur fond d'échec gouvernemental, à traiter de l'impunité  et des violations des droits humains continuelles. En dépit de multiples rapports dénonçant les violations dans le pays, le Sri Lanka a fait peu de progrès depuis la fin de la guerre pour résoudre les problèmes soulevés dans ces rapports.

En plus de ces échecs, les ONG ont déclaré que la LLRC  n'est pas très claire dans ses pratiques ni dans sa structure. En dépit du mandat qui l'autorise à enquêter sur toutes les allégations crédibles en matière de violation des droits humains tant par les rebelles que  par les forces gouvernementales, en particulier au cours des dernières périodes du conflit, la LLRC n'a montré aucun enthousiasme pour enquêter sur les accusations proférées à l'encontre des forces armées.

Manque d'indépendance et de protection

Le minimum pour ce type de commission, c'est l'indépendance de ses membres. Mais on en est loin pour la LLRC, dans la mesure où le gouvernement a recruté des hauts fonctionnaires qui ont publiquement défendu la conduite des militaires face aux accusations de crimes de guerre.

De plus, l'absence de mesures de protection des témoins est terriblement inquiétante, en particulier lorsque les fonctionnaires du gouvernement qualifient de « traîtres » les personnes accusant les forces gouvernementales.

Sachant que même si la guerre est finie, le pays est toujours sous état d'urgence, avec des lois qui criminalisent le discours politique et où il n'y a aucune enquête significative en matière d'attaques des critiques du gouvernement.

Ceci mine la capacité de la  Commission à mener des enquêtes crédibles contre les accusations de violation de la loi internationale. Tant qu'une véritable protection des témoins ne sera pas garantie, aucune organisation ni aucun individu ne pourront fournir des informations confidentielles à la Commission.

Pour recevoir une copie de la lettre, consulter le site : http://www.crisisgroup.org/en/publication-type/media-releases/2010/asia/sri-lanka-crisis-group-refuses-to-appear-before-flawed-commission.aspx



Haïti : Cholera, élections et suites du tremblement de terre

 
Les terribles conditions de vie de trop nombreux déplacés augmentent la possibilité d'épidémies, Port-au-Prince, Haïti, (Sergi Camara/JRS)

 
« Quelles sont les causes de la vulnérabilité en ce qui concerne Haïti ? » Cette question doit être au centre du processus de reconstruction et du débat électoral.  

Port-au-Prince, le 26 octobre 2010 – Un mois avant les élections présidentielles et législatives, prévues pour le 28 novembre, l'épidémie de choléra  retient l'attention des médias nationaux et internationaux.

Le choléra a déjà fait 380 morts, tandis que 3.600 personnes ont dû être hospitalisées. Ces chiffres ont été donnés par les autorités sanitaires qui ont déclaré que la situation s'était stabilisée depuis le 25 octobre.

D'après Nigel Fisher, le vice représentant des Nations Unies pour Haïti, la situation est critique et il serait totalement irresponsable de ne pas se préparer à une épidémie encore plus importante. Face à un possible extension de l'épidémie, de nombreux analystes se demandent s'il ne faudrait pas mettre un terme à la campagne électorale pour éviter une nouvelle contamination.

Ce dernier épisode humanitaire vient au terme d'une année de catastrophes : le tremblement de terre du 12 janvier, l'ouragan du 24 septembre et aujourd'hui l'épidémie de choléra. Sachant qu'un groupe d'experts de l'Université de Purdue, en Inde, a suggéré que le tremblement de terre de janvier dernier était dû à une ligne de faille située dans la ville de Léogane située dans la partie occidentale d'Haïti et non comme on l'avait pensé au départ en République Dominicaine.

Il faut traiter les causes de vulnérabilité

D'après Edson Louidor, le Responsable de la Communication au sein du JRS Haïti, il est urgent de traiter ces risques afin d'empêcher ou au moins de réduire l'impact des catastrophes d'origine naturelle.

« Les  conséquences de ces catastrophes n'ont rien de naturel. La vulnérabilité des populations est d'abord due à un ensemble de facteurs socio-économiques, politiques et même culturels qui affectent les capacités des personnes ou des groupes à anticiper, à faire avec, à résister et à se remettre sur pied après un phénomène naturel extrême », a ajouté M. Louidor.

« Quelles sont les causes de la vulnérabilité en ce qui concerne Haïti ? » Cette question doit être au centre du processus de reconstruction et du débat électoral.

Les désastres qui affectent le pays à cause de la vulnérabilité pourraient et devraient  représenter une opportunité pour poser les fondations d'un Haïti démocratique et soucieux du bien de tous. Malheureusement l'attention s'est focalisée sur l'urgence humanitaire et l'action immédiate destinées à répondre à chaque nouveau désastre, sans prendre en compte des mesures préventives.

Un mois avant les élections, les candidats n'ont pas réussi à présenter des propositions concrètes pour résoudre les problèmes du pays, parmi lesquelles on peut citer la prévention des catastrophes, la réforme agraire, la décentralisation, les politiques sociales (éducation, logement, santé), le chômage et la déforestation.

Face à ces questions importantes, le silence prévaut en matière de fixation des responsabilités, de réponses aux besoins des populations affectées et déplacées et d'initiatives visant à protéger les Haïtiens contre les séismes et autres menaces.

  Dispatches est une publication du Bureau International du JRS. Borgo Santo Spirito 4, 00193 Rome, Italie. Tel : +39-06 689 77 386 ; Fax : +39-06 688 06 418 ; Email : dispatches@jrs.net; JRS en ligne : http://www.jrs.net; Responsable de la publication : Peter Balleis SJ ; Rédacteur en chef : James Stapleton ; Traductions : Carles Casals (Espagnol), Edith Castel (Français), Simonetta Russo (Italien).

[JRS Dispatches Francais] No. 289
Editor: James Stapleton