Bulletin bimensuel du Bureau International du Service Jésuite des Réfugiés. Le bulletin comprend des nouvelles sur les réfugiés et des mises à jour de projets envoyées par nos collaborateurs sur le terrain.


  Sud Soudan: L'éducation comme outil de développement et de paix

 
Une femme participant à un cours d'alphabétisation pour adultes au Sud Soudan. La nation nouvellement née ne compte que douze pour cent de femmes alphabétisées. (Angela Hellmuth/JRS)

 
Agé de 34 ans, John fait partie des 793 millions d'adultes qui, de par le monde, ne possèdent pas les connaissances de base en matière de lecture et d'écriture. Il a démarré l'école primaire en 1995, à l'âge de 18 ans. John a quitté l'école trois ans plus tard, car il ne se sentait pas à l'aise avec des élèves beaucoup plus jeunes que lui.  

Lobone, le 15 septembre 2011 – L'Education est un outil essentiel en matière d'éradication de la pauvreté, de réduction de la mortalité infantile, et de maîtrise de la démographie. Ces propos ont été tenus par Lam Leone Ferem, le Directeur de Projet du JRS Sud Soudan à Lobone, le 8 septembre, à l'occasion du 45e anniversaire de la Journée Internationale pour l'Alphabétisation. 

Le soutien apporté au système éducatif du Sud Soudan est un investissement en matière de paix, pour la nation, la région et la communauté internationale, a poursuivi M. Ferem, attirant ainsi l'attention sur l'importance de l'éducation comme droit fondamental, comme instrument d'affirmation de soi, et comme moyen de développement.

«Ici au Sud Soudan, au terme de plus de deux décades de guerre civile, nous considérons que l'alphabétisation et l'éducation sont des outils de promotion de la paix. La tâche qui nous attend est fantastique. Ayant acquis l'indépendance nous devons nous préoccuper de l'éducation», a déclaré Ferem.

La communauté internationale s'est engagée à augmenter de cinquante pour cent le niveau de l'alphabétisation  entre 2000 et 2015. Des initiatives comme les Objectifs de Développement du Millénaire et le Mouvement en faveur de l'Education pour Tous ont en partie contribué à améliorer l'alphabétisation, mais il y a encore beaucoup à faire sur le terrain. Par exemple, avec 24 pour cent, le taux d'alphabétisation  est l'un des plus faibles au monde, à égalité avec certains des plus bas de l'Afrique sub-saharienne. 

L'éducation en action

Les sociétés alphabétisées sont mieux équipées pour faire face aux défis du futur: la qualité de la vie de leurs populations s'améliorera et, dans le meilleur des cas, elles pourront contribuer de manière positive aux sociétés au milieu desquelles elles vivent. 

«Je voulais apprendre à écrire mon nom afin que personne n'aie à le faire pour moi», a déclaré Jane, âgée de 37 ans*, qui, après avoir quitté le camp de réfugiés de Kakuma, est rentrée à Lobone en 1998 et s'est inscrite à l'école primaire un an plus tard. 

Jane fait partie des 5.800 adultes scolarisés dans le projet d'amélioration du niveau d'alphabétisation au Sud Soudan. D'après les dernières statistiques de l'Unesco, le pays ne compte que 12 pour cent de femmes sachant lire et écrire. 

Jane a quitté le programme avant la fin de sa première année scolaire après qu'on lui a offert une place de cuisinière, puis plus tard de femme de ménage. Entre les deux, elle a repris les cours, mais elle a dû s'interrompre à nouveau. En 2009, après avoir perdu son travail de femme de ménage, elle a repris les cours.  Elle est aujourd'hui dans un cours plus avancé. 

«C'est bon d'être alphabétisée et je suis heureuse d'avoir accès à l'éducation en dépit de mon âge avancé. J'ai ouvert un petit commerce de vente d'huile de cuisine. Maintenant que je suis alphabétisée les personnes ne peuvent plus tricher car je suis capable de faire les calculs moi-même.» 

Pendant plus de deux décades, le JRS a amélioré les différents niveaux d'alphabétisation des  Sud Soudanais. A Lobone, un large éventail d'activités éducatives sont proposées dans cinq centres d'apprentissage pour adultes, cinq écoles maternelles, neuf écoles primaires et trois écoles secondaires, toutes gérées par le JRS. 

A travers les ateliers pour la formation des animateurs et des enseignants d'alphabétisation pour adultes, la formation permanente et la sponsorisation d'instituts d'éducation supérieure, le JRS a prouvé sa volonté de s'engager à créer une plateforme éducative de qualité à destination des enseignants. 

Depuis 2009, le  JRS facilité la construction et la rénovation de cinq salles de classe, quatre blocs sanitaires, un bâtiment pour les services administratifs et un laboratoire. En plus de la fourniture de matériel scolaire, le JRS propose des services éducatifs et pastoraux, tout en sponsorisant 15 anciens adultes, anciens élèves de cours d'alphabétisation, afin qu'ils puissent poursuivre des études dans des centres de formation professionnelle. 

Agé de 34 ans, John* fait partie des 793 millions d'adultes qui, de par le monde, ne possèdent pas les connaissances de base en matière de lecture et d'écriture. Il a démarré l'école primaire en 1995, à l'âge de 18 ans. John a quitté l'école trois ans plus tard, car il ne se sentait pas à l'aise avec des élèves beaucoup plus jeunes que lui. 

«En 2008, j'ai décidé de m'inscrire aux cours d'alphabétisation pour adultes. Aujourd'hui, je peux écrire des lettres à ma famille et lire les lettres que mes parents m'envoient. Le matin, avant d'aller au centre de formation, je m'occupe de mon commerce. Les enseignements que j'y reçois me permettent de calculer les  bénéfices et les pertes de mon commerce», explique John. 

*Ces prénoms ont été changés pour raison de confidentialité


République Démocratique du Congo: Les mauvaises conditions de vie dans les camps de fortune mettent les personnes déplacées en situation vulnérable

 
Suite au démarrage du conflit en février dernier, quelque 900 familles ont fuit leurs maisons et se sont réinstallées dans le camp de fortune de Kishondja, Masisi, Nord Kivu, République Démocratique du Congo (Peter Balleis SJ/ JRS)

 
Nous leur fournissons du lait et de la nourriture ou nous les conduisons à l'hôpital. Il suffit parfois de parler avec eux et partager leurs problèmes pour qu'ils retrouvent confiance en eux et qu'ils aient le sentiment d'être aimés, a déclaré Sœur Regina Missanga, Directeur de Projet au JRS et travaillant auprès des personnes vulnérables.  

Masisi, le 9 septembre 2011– D'après le Service Jésuite des Réfugiés, les personnes déplacées vivant dans les camps non reconnus par les autorités dans le district de Masisi, qui est situé dans la province septentrionale du Nord Kivu (partie orientale du Congo), ont un besoin urgent d'aide humanitaire.

On pense que plus de 3.650 familles déplacées vivent dans sept camps officieux, où ils ne reçoivent pratiquement aucune assistance humanitaire. Ces camps abritent des groupes de personnes très vulnérables, dont des personnes handicapées, des personnes âgées, des jeunes filles célibataires enceintes. A la fin de l'année 2010, on estimait à près d'un million le nombre de déplacés vivant au Nord Kivu.

«Les camps officieux reçoivent moins d'aide que les camps officiels. En l'absence d'assistance, les personnes doivent lutter pour trouver de quoi manger. Les filles comptent parmi les personnes les plus vulnérables; elles sont apathiques, et non ni rêves ni objectifs. C'est pourquoi nous considérons comme notre priorité de travailler avec les jeunes filles. Nous devons les aider à reprendre l'école, car c'est le seul moyen de reconstruire leur vie», a déclaré Sœur Inés Oleaga, Directeur de Programme du JRS à Masisi.

Si on les autorisait à vivre dans les camps officiels, ou si les camps officieux étaient reconnus officiellement par les autorités régionales, elles pourraient recevoir de l'aide alimentaire et d'autres aides, tant du HCR (Haut Commissariat des Nations Unies) que du Programme Alimentaire Mondial. Cela constituerait un formidable pas en avant.

Survivre dans les camps de fortune

Faida, âgé de 25 ans, vit dans le camp de fortune de Kishondja dans le district de Maisisi, Nord Kivu (Congo oriental). Les équipes du JRS l'ont rencontré, lui, sa femme et leurs deux enfants, le lendemain de leur arrivée.

«Dans le village de Ngululu, tout le monde dormait. A quatre heures du matin, une centaine d'hommes sont arrivés et ont pénétré dans les maisons, volant tout ce qu'ils pouvaient trouver. Ils ont tué au moins deux personnes et blessé un grand nombre d'autres. Comme la plupart de mes voisins, j'ai couru avec ma famille dans la forêt toute proche. De là, je les ai vu violer les femmes et les jeunes filles et incendier les maisons», a-t-il déclaré.

Avant de perdre sa maison et sa terre, Faida était fermier. Aujourd'hui, lui et sa famille sont contraints de vivre dans une maison rudimentaire faite de boue séchée et de feuilles de bananiers. Kishondja étant un camp officieux, et donc non reconnu officiellement par les autorités et le HCR, Faida et sa famille ne recevront ni nourriture ni assistance matérielle.

L'histoire de Faida est banale. Depuis 2009, des milliers de femmes, d'enfants et d'hommes ont fui leurs maisons et continuent à vivre dans des camps de fortune situés dans cette partie du Nord Kivu. Ils ont été déplacés suite aux nombreuses attaques de groupes rebelles qui ont eu lieu sans que l'armée congolaise n'intervienne.

En réponse à cette situation humanitaire dramatique, le JRS a récemment commencé à travailler dans trois de ces camps: Kishondja, Kihuma et Bonde.

«Nous leur fournissons du lait et de la nourriture  ou nous les conduisons à l'hôpital. Il suffit parfois de parler avec eux et partager leurs problèmes pour qu'ils retrouvent confiance en eux et qu'ils aient le sentiment d'être aimés.», a déclaré Sœur Regina Missanga, Directeur de Projet au JRS et travaillant auprès des personnes vulnérables.

Parmi les autres activités offertes dans le camp, il y a des cours d'alphabétisation pour les femmes et les fillettes, la construction d'écoles secondaires, et la distribution de fournitures scolaires. Dans un contexte marqué par la  violence sexuelle et la violence basée sur la différence sexuelle (SGBV) – où les femmes sont particulièrement touchées -, le JRS organise des cours de sensibilisation sur cette question particulièrement sensible pour les femmes et les fillettes vivant dans les camps ; sans oublier divers accompagnements pour les personnes ayant survécu à ce genre de violence.


Europe: Pour les groupes de défense des droits humains les gouvernements échouent à protéger les migrants

 
Sépultures de personnes qui sont mortes en tentant de fuir la Libye pour Lampedusa. La plupart des personnes ne sont pas identifiées car elles ne portaient aucun papier d'identité. (F Noy/ UNHCR)

 
Il est clair que la Libye n'a jamais été un lieu sûr pour les migrants, en particulier pour ceux ayant besoin de protection. L'Union Européenne n'a pas proposé d'action concertée pas plus qu'elle ne s'est engagée à réinstaller dans des pays sûrs, les migrants sub-sahariens arrivant de Libye.  

Bruxelles, le 15 septembre 2011 – Le Service Jésuite des Réfugiés a instamment demandé aux autorités européennes de faire passer la protection des droits humains et de la vie avant la sécurité des frontières. Cette demande fait suite aux conclusions du dernier rapport d'Amnesty International intitulé: «La Bataille pour la Libye: Meurtres, Disparitions et Torture».

Le rapport de 107 pages met en lumière ce que la loi internationale considère comme des crimes. Crimes commis par les troupes de al-Qaddafi mais aussi dans certains cas par les forces rebelles elles-mêmes. L'organisation de défense des droits humains dénonce tout particulièrement les traitements infligés aux africains sub-sahariens pendant le bref conflit. D'après M. Amaral, ce rapport ne fait que rappeler le triste sort des migrants. Cette population qui fait partie des groupes les plus vulnérables de nos sociétés, paie le prix fort des conflits militaires et des troubles politiques.

«En tant que puissance mondiale et force de proposition en matière de défense des droits humains, les états de l'Union Européenne se doivent d’assurer aux personnes fuyant la Libye l'accès aux procédures d'asile, et de leur fournir un havre de paix», a déclaré Philip Amaral, le Responsable de l'Advocacy au sein du JRS Europe.

L'Europe n'a accueilli que deux pour cent des quelque 650.000 migrants qui ont fui la Libye en quête d'un lieu sûr. L'Europe n'a pas pris les mesures nécessaires pour venir en aide à ceux qui ont décidé de traverses la Méditerranée au péril de leur vie. Depuis mars 2011, on estime qu'au moins 1.500 personnes ont péri en mer.

Et phénomène encore plus inquiétant, les autorités italiennes ont signé un moratoire avec le NTC en juin 2011, concernant la gestion conjointe du «phénomène migratoire». Face à cela, Amnesty s'inquiète de ce qu'aucun des deux partis ne se soit engagé en faveur de la protection des personnes forcées d'émigrer.

Les migrants forcés ne sont pas considérés comme des partenaires à part entière

Dans le cas de la Libye, a poursuivi M. Amaral, les migrants originaires de l'Afrique sub-saharienne ont été coincés par les forces qaddafistes, les forces rebelles, mais aussi par les politiques de l'Union Européenne. Ce conflit qui a affecté tant de personnes innocentes, est un bon indicateur de la manière dont les états peuvent faire passer leurs intérêts propres avant la défense des droits humains fondamentaux.

Tout en sachant que les forces qaddafistes soumettaient les migrants à la détention arbitraire dans des conditions inhumaines, à la déportation forcée dans le désert, et à des attaques violentes dans les rues, l'Union Européenne a continué à faire passer la sécurité de ses frontières avant la défense des droits humains. Et cette politique a continué en dépit de l'absence de toute législation sur les réfugiés et de toute  procédure concernant l'asile, sans parler de l'hostilité du régime libyen l'encontre du HCR.

Il est clair que la Libye n'a jamais été un lieu sûr pour les migrants, en particulier pour ceux ayant besoin de protection. L'Union Européenne n'a pas proposé d'action concertée pas plus qu'elle ne s'est engagée à réinstaller dans des pays sûrs, les migrants sub-sahariens arrivant de Libye.


Afghanistan: Ratification du traité global concernant l'interdiction des bombes à sous munitions

 
Une ex-victime d'accident de mine aujourd'hui à la tête d'une activité rémunératrice dans le camp pour personnes rapatriées de Sohadat, près de Herat, Afghanistan (Peter Balleis SJ/ JRS)

 
Les Afghans ont beaucoup souffert des bombes à sous munitions. En ratifiant la convention, les Afghans changent de statut: de victimes de ces horribles armes ils deviennent les avocats de leur interdiction, a déclaré Peter Balleis SJ, le Directeur International du JRS.  

Beyrouth, le 13 septembre 2011 – D'après le Service Jésuite des Réfugiés, qui fait partie de la Coalition Contre les Bombes à Sous Munitions, l'Afghanistan doit être félicité pour sa ratification de la convention visant l'interdiction des bombes à sous munitions, et ce en dépit des pressions exercées par les Etats-Unis. 

L'Afghanistan a signé la convention à Oslo, le 3 décembre 2008, à l'initiative du Président Hamid Karzai. La ratification a eu lieu cette année, au moment où  Wikileaks révélait les tentatives de responsables américains d'influencer le gouvernement afghan pour qu'il ne signe pas. En ratifiant la convention le 8 septembre 2011, le gouvernement afghan en a accepté les conditions.

«Les Afghans ont beaucoup souffert des bombes à sous munitions. En ratifiant la convention, les Afghans changent de statut: de victimes de ces horribles armes ils deviennent les avocats de leur interdiction», a déclaré Peter Balleis SJ, le Directeur International du JRS.

Au cours des trois décades passées, on a réuni de nombreux témoignages et documents sur l'utilisation de ce type d'armement en Afghanistan, tant par les Soviétiques dans les années 80, que par les milices dans les années 90, et par les forces armées américaines entre 2001 et 2002.

Entre octobre 2001 et le début de l'année 2002, les avions américains ont lâché 1.228 bombes à sous munitions contenant 248.056 sous bombes au cours de 232 raids aériens sur des sites répartis sur l'ensemble du pays. D'après le Cluster Munition Monitor, ces engins ont fait au moins 771 morts dans le pays.

La Convention sur les Bombes à Sous Munitions à été adoptée en mai 2008 et à pris effet en août 2010, devenant ainsi partie intégrante de l'appareil législatif international. Au 13 septembre 2011, 110 nations ont signé la convention ou se sont décidées en sa faveur, et 63 états l'ont ratifiée, devenant de ce fait des états partie à part entière.

La deuxième rencontre des états partie à la Convention sur les Bombes à Sous Munitions s'est tenue à Beyrouth du 12 au 16 septembre. Quelque 120 gouvernements devaient y participer, dont 30 nations observatrices qui ne se sont pas encore décidés en faveur de la Convention.

A Beyrouth, les états présenteront leurs actions visant la mise en œuvre du plan comprenant 66 actions et qui fut décidé au cours de la dernière rencontre qui s'est tenue à Vientiane, au Laos, en novembre 2010. La Convention fait obligation au états partie de détruire leurs stocks de bombes à sous munitions dans un laps de temps de 8 ans, de nettoyer les terres contaminées dans un laps de temps de 10 ans, d'assister les victimes, et de promouvoir la convention auprès des gouvernements qui ne l'ont pas encore signée.

Sud Soudan: Les enseignants en mesure d’aider d’autres enseignants

 
Un enseignant à l'oeuvre dans une école primaire à Palwar, près de Lobone. La formation des enseignants est au cœur des activités du JRS au Sud Soudan. (Christian Fuchs/JRS)

 
Dans tous ses programmes éducatifs, le JRS Sud Soudan met l'accent sur la formation des enseignants comme étant l'élément clé d'une éducation de qualité; un élément de première importance pour des communautés qui doivent reconstruire leur vie après des années de conflit et de guerre.  

Lobone, le 15 septembre 2011 – A la suite d’un atelier de trois jours sur la gestion  d’une classe, sept enseignants du district de Lobone, au Sud Soudan, ont commencé à assister leurs collègues enseignants.

«Ces enseignants sont l’assurance d’une éducation de qualité car ils peuvent aider d’autres enseignants à améliorer leurs techniques pédagogiques. En l’absence d’attention et de supervision de la part du gouvernement, ce réseau d’enseignants pourra offrir un soutien, promouvoir de meilleurs niveaux en matière éducative, et jouer un rôle vital dans la mise en place d’un nouveau système éducatif au Sud Soudan», a déclaré Lam Leone Ferem, Directeur de Projet au JRS Sud Soudan. Lobone, le 15 septembre 2011 – A la suite d'un atelier de trois jours sur la gestion  d'une classe, sept enseignants du district de Lobone, au Sud Soudan, ont commencé à assister leurs collègues enseignants.

«Ces enseignants sont l'assurance d'une éducation de qualité car ils peuvent aider d'autres enseignants à améliorer leurs techniques pédagogiques. En l'absence d'attention et de supervision de la part du gouvernement, ce réseau d'enseignants pourra offrir un soutien, promouvoir de meilleurs niveaux en matière éducative, et jouer un rôle vital dans la mise en place d'un nouveau système éducatif au Sud Soudan», a déclaré Lam Leone Ferem, Directeur de Projet au JRS Sud Soudan.

«Nous avons vainement attendu que des inspecteurs de l'état ou du comté viennent superviser et inspecter nos écoles. Aujourd'hui nous savons comment observer et comment aider les autres enseignants qui ont des lacunes en matière de pédagogie, et nous ferons de notre mieux pour promouvoir des changements positifs dans nos écoles», a déclaré Oola Peter, le directeur de l'école secondaire de Magwi.

L'atelier, qui avait pour but de renforcer les connaissances en matière de gestion d'une classe et d'améliorer la qualité de l'enseignement dans le comté, est le premier d'une série d'ateliers qui auront aidé 43 enseignants d'ici à janvier 2012. Dans les ateliers organisés par le JRS, les participants originaires de trois écoles secondaires ont reçu une formation vivant la préparation des cours, l'observation, la présentation et la communication à l'intérieur de la classe.

Les facilitateurs du JRS ont mis l'accent sur l'importance d'une approche éducative mettant l'enfant au centre, par rapport à des modèles qui mettent l'enseignant au centre.

«L'approche qui met l'enfant au centre encourage les élèves à utiliser les connaissances qu'ils ont acquises et leur permet de participer activement au processus d'apprentissage. Elle les aidera également au moment des examens», a expliqué M. Ferem.

Les équipes de développement des écoles

Tous les participants aux ateliers sont membres des équipes de développement qui ont été crées dans toutes les écoles du JRS suite à une évaluation externe de l'organisation des activités éducatives à la fin de l'année 2010.

«Chaque équipe est composée d'un directeur d'école et de deux enseignants qualifiés qui soutiennent leurs collègues en contrôlant leur travail et en les aidant à acquérir des compétences en matière de pédagogie», a poursuivi M. Ferem.

«Le JRS doit continuer ce type de formation car elle nous met en mesure de nous prendre en charge et nous prépare à continuer à fournir une éducation de qualité une fois le JRS parti», a ajouté M. Peter.

Dans tous ses programmes éducatifs, le JRS Sud Soudan met l'accent sur la formation des enseignants comme étant l'élément clé d'une éducation de qualité; un élément de première importance pour des communautés qui doivent reconstruire leur vie après des années de conflit et de guerre.


Syrie: Une ONG a déclaré que la photo du JRS promeut la compréhension entre les religions du Moyen Orient

 
En dépit des difficultés auxquelles sont confrontés les réfugiés iraquiens, certaines personnes se battent pour surmonter les barrières culturelles et religieuses. Ici, une femme iraqienne et sa fille sont accueillies par Sœur Hala, une religieuse syrienne, au cours d'une célébration organisée pour la Fête des Mères, au Centre Deir Vartan du JRS à Alep, Syrie. (Don Doll SJ/ JRS)

 
En Syrie, le JRS travaille pour et avec des Iraqiens. Nous accueillons des musulmans et des chrétiens, dont un grand nombre qui ont été choqués de se découvrir si proches de ceux qu'auparavant ils considéraient comme leurs persécuteurs. Au fil du temps, ils découvrent qu'ils ont eu des expériences de souffrance similaires. En comprenant que leur voisin a subi un traumatisme analogue au leur, ils réalisent qu'ensemble ils peuvent construire une société meilleure, a déclaré Nawras Sammour SJ, le Directeur du JRS Moyen Orient, en recevant la récompense au nom du JRS.  

Amman, le 14 septembre 2011 – Le mois dernier, le JRS du Moyen Orient a reçu 750 dollars de l'ONG, Search for Common Ground (SFCG) pour son concours photo destiné à promouvoir des images positives du monde arabe dans les médias.

Le concours, intitulé «1001 Histoires de Changements Positifs en Action à partir d'une Base Commune» était organisé par la MENA (la branche Moyen Orient Afrique du Nord de la SFCG). Le JRS a été récompensé pour la meilleure photographie dans la catégorie Droits des Femmes et pour la meilleure photographie d'ensemble.

«L'objectif de ce concours est d'encourager les habitants du monde arabe à raconter des histoires positives, alors qu'elles sont souvent négligées par les médias. Nous pensons qu'une simple histoire a le pouvoir de changer les attitudes et la conduite, de combattre le mythe qui voit le monde en noir et blanc ou qui professe que les stéréotypes définissent les peuples ou les actes», a expliqué Nour Awaiss, directeur de publication pour  les langues française et arabe au sein de la SFCG.

La photographie présentée par le JRS au concours a été prise cette année au cours d'une célébration de la Fête des Mères qui s'est tenue au Centre St Vartan situé à Alep en Syrie. Le processus de sélection de cette photo a été mené à bien par les internautes qui consultent le site de l'ONG SFCG conjointement avec un ensemble d'ONG locales et de partenaires du SFCG.

«En Syrie, le JRS travaille pour et avec des Iraqiens. Nous accueillons des musulmans et des chrétiens, dont un grand nombre qui ont été choqués de se découvrir si proches de ceux qu'auparavant ils considéraient comme leurs persécuteurs. Au fil du temps, ils découvrent qu'ils ont eu des expériences de souffrance similaires. En comprenant que leur voisin a subi un traumatisme analogue au leur, ils réalisent qu'ensemble ils peuvent construire une société meilleure», a déclaré Nawras Sammour SJ, le Directeur du JRS Moyen Orient, en recevant la récompense au nom du JRS.

Sur la SFCG


D'après la SFCG, le lauréat doit utiliser le montant de la récompense pour «augmenter sa capacité à  continuer son travail…tout en travaillant à la poursuite de ses objectifs en promouvant leurs histoires dans les médias».

Fondée en 1982, la SFCG travaille à transformer la manière dont le monde gère les conflits – loin des approches conflictuelles et toujours tournée vers la recherche de résolutions élaborées dans la collaboration. L'organisation utilise une approche multi facette, utilisant les médias et travaillant en partenariat avec des partenaires locaux tant du gouvernement que de la société civile, pour trouver des moyens culturels appropriés pour renforcer la capacité des sociétés à gérer les conflits d'une manière constructive: comprendre les différences et bâtir sur les points communs.

Pour plus d'informations sur le concours et sur la SFCG, consulter le site 1001 Histoires de Common Ground


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[JRS Dispatches Français] N. 306
Editor: James Stapleton